Le Larivot
15 septembre 2025
Le Larivot – aux origines
En 1824, Jean Baptiste Larivot hérite de l’habitation Bellevue à la pointe de Matoury. Cette dernière a été fondée en 1701 par M. Tissier, puis rachetée par la famille Tanguy, puis Boileau dont la veuve épouse M. Larivot.
En 1872, l’administration coloniale exproprie les habitants du plateau du Larivot pour y installer un lazaret. Il a pour fonction la mise en quarantaine des passagers et des marchandises contaminés avant leur débarquement dans la colonie.
Les quarantenaires doivent payer un loyer et leur nourriture selon un tarif fixé par le service sanitaire. Les visites médicales, les meubles et les objets de première nécessité leur sont fournis gratuitement. Ils peuvent améliorer leur confort, mais à leurs frais. La police et l’administration du Lazaret sont sous l’autorité du médecin. Il est chargé de constater l’état
de santé des quarantenaires, de veiller à l’application des mesures sanitaires prescrites ; il est chargé de la conservation du matériel et de l’approvisionnement du
lazaret. Il réside à Cayenne. Le lazaret est donc sous la surveillance d’un gardien qui lui réside sur place.
Le Larivot – relier Macouria
1936 : L’administration coloniale met en place un service de transport en commun de personnes. Un bac en bois est mis en place pour faire traverser les marchandises entre le Larivot et la pointe de Macouria ; les passagers sont transportés en chaloupe.
1951 : Mardi 21 août grosse animation sur la route du Larivot : on va voir le lancement du nouvel appontement. Il a été préalablement fabriqué à Rouen dans les usines des Entreprises
Métropolitaines et Coloniales, assemblé à blanc, vérifié et expédié à Cayenne il y a environ un an. Dix-huit ouvriers ont commencé l’assemblage, ils ont fini à trente-deux. Il leur a fallu 42 000 heures de travail du 10 avril au 21 août 1951. Le ponton mesure 24 m de long pour 12.50 m de large et 2.18 m de hauteur.
1952 : Le dimanche 3 février 1952, est marqué par le lancement du bac Tanic pour relier la Pointe Macouria à la cale du Larivot et assurer ainsi la continuité de la route nationale 1. Le bac assure la liaison entre Cayenne et Macouria jusqu’en 1977, date de l’inauguration du pont du Larivot.
Le Larivot – le pont
En 1970, le trafic journalier du bac est en moyenne de 500 véhicules par jour. Le Conseil Général adopte alors le projet d’un pont sur la rivière de Cayenne. Le financement est assuré pour un tiers par le Fonds Européen de Développement et pour deux tiers par l’État. Inconvénient : la fin des petites buvettes de part et d’autre du bac.
La construction du pont est confiée en 1973 au consortium Dodin-Dumèz-Marcellin. La principale difficulté rencontrée a été la nature du sol : vase, argile, roche décomposée… Il a fallu enfoncer les pieux sur plus de 16 m de profondeur pour commencer à atteindre un sol dur. Quarante-six sondages ont été nécessaires pour trouver le bon emplacement des pieux, par la DDE et Dodin-Dumèz.
2022 : Début de la construction du nouveau pont pour une longueur totale d’environ 1343 m. Ce chantier à 190 millions d’euros est entièrement financé par l’État.
Le Larivot – le port de pêche
Depuis 1952, le port du Larivot avait pour principales activités le traitement de la pêche crevettière et le stockage des hydrocarbures nécessaires à la consommation guyanaise. Cette dernière activité est transférée au port de Degrad des cannes en 1982. Depuis 1986, le port du Larivot est tourné vers la pêche industrielle (chalutiers) et semi-artisanale (tapouilles armées).
1962 : Création de la SARL PIDEG, Pêcheries Internationales de la Guyane par les frères Magnan, En 1964, la société a dix-huit chalutiers, quarante-quatre en 1968, douze autres sont attendus en 1969. En 1968, elle emploie 320 personnes, La société fait faillite en 1997.
1968 : La communauté Arawak, installée au Larivot depuis les années 1950, à proximité de l’église Sainte-Rose de Lima, décide de déplacer le village à Matoury. Cécilia Sabajo, ainsi que ses cinq enfants, font le choix de rester au Larivot, et fondent le village Cécilia. D’autres familles les rejoindront plus tard pour renforcer la communauté. Les fouilles archéologiques menées par l’Inrap dans le secteur ont révélé des traces d’occupation amérindienne avant l’arrivée des Européens, au XIe siècle puis entre le XIVe et le XVIe siècle.
1981 : Création du Domaine public Portuaire du Port de pêche du Larivot.
1983 : Le port du Larivot est classé port d’intérêt national et Création de la CODEPEG, Coopérative des Pêcheurs de Guyane. Si au départ elle réunit quinze coopérateurs, en 1987, elle en compte une cinquantaine.
2006 : La commune de Matoury obtient les compétences liées au port du Larivot.
2018 : La CACL récupère la gestion du Port du Larivot.